Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

CNRI Femmes - La lutte des femmes en Iran remonte à il y a 150 ans. Elles ont ouvert une voie longue et tortueuse contre plusieurs régimes despotiques qui ne reconnaissaient pas de droits aux femmes.

Ces dirigeants misogynes n'ont même pas permis d’enregistrer ou de raconter dans sa totalité l’histoire de cette lutte. Ce que notre génération en sait n'est qu'une infime partie de l’héroïsme et de la bravoure dont les femmes ont fait preuve et une aussi petite partie des souffrances endurées, le tout ayant été fortement déformé par la censure.Cependant si on l’examine, on s’aperçoit que les Iraniennes bénéficient d'un véritable soutien tout au long de l’histoire. Elles ont traversé de multiples épreuves avant de pouvoir jouer un rôle central et surtout aujourd’hui un rôle de premier plan dans la Résistance iranienne. C'est dans le prolongement de ce chemin qu'elles finiront par tourner une page de l'histoire de leur nation pour instaurer la liberté, la justice et l'égalité après avoir renversé la dictature religieuse.Dans le mouvement de protestation contre le monopole du tabac octroyé aux Britanniques en 1891, la résistante des femmes a forcé le chah à annuler les concessions qu'il avait accordées à Londres. Lors de la famine, ce sont les femmes qui ont attaqué des entrepôts de blé pour le distribuer à la population affamée.Pendant la Révolution constitutionnelle de 1906, vingt femmes qui avaient défié les traditions dominantes ont participé à la bataille et sont mortes au champ d’honneur. Zeinab Pacha, une progressiste de la ville de Tabriz, encourageait ses concitoyens à se dresser contre les despotes : «Si vous n'avez pas le courage d'amener les tyrans devant la justice, leur lançait-elle, nous combattrons les oppresseurs à votre place. »Le mouvement constitutionnel de 1906 a été un tournant lorsque les femmes ont brisé l'isolement qui les retenait entre les murs des maisons et sont descendues dans la rue. Elles ont formé diverses associations civiles, lutté contre les traditions arriérées et poursuivi leur avancée scientifique et politique.Au cours de cette histoire, les femmes ont toujours payé un prix élevé contre les tyrannies. Elles ont recherché la liberté de choix et le droit de déterminer leur propre destin. Le mouvement à chaque époque a tiré sa force du choix éclairé des femmes.Ayant atteint un niveau raisonnable de compréhension politique, les femmes sont intervenues pour résoudre la crise financière du gouvernement nationaliste du Dr Mohammad Mossadegh. Le 8 mars 1952, des femmes et des jeunes filles sont montées de province pour se rassembler à Téhéran devant la Banque nationale d'Iran (Bank-e Melli Iran) afin d’y vendre leurs biens personnels et acheter des mandats. Cette initiative a provoqué un choc dans les couches sociales suscitant leur engagement.

 

 Cette croissance politique et culturelle chez les femmes s'est développée sous le règne des Pahlavi, mais en raison de la répression massive et de l'état policier omniprésent, les femmes ont dû recourir à des activités clandestines et rejoindre des groupes progressistes et démocratiques qui agissaient dans l’ombre.Des femmes courageuses comme Achraf Rabi’i (Radjavi), Marzieh Oskou’i, Azam Rouhi-Ahangaran, Mehrnouch Ebrahimi, Fatemeh Amini, Achraf Ahmadi et Massoumeh Chadmani ont durement souffert sous la torture et en captivité ou ont été envoyées devant les pelotons d’exécution. Ces femmes ont ainsi gravé la véritable image des femmes iraniennes dans l'histoire.Le mouvement étudiant à cette époque a été bouleversé par la présence des filles. Au cours de la révolution antimonarchique, la participation des femmes à la lutte démocratique a atteint de nouveaux sommets. En février 1979, la nation a pu constater la bravoure des femmes pour s'emparer des bases militaires et des centres de répression du chah.Cependant la direction de la révolution de 1979 a été usurpée par Khomeiny qui ne pouvait tolérer ni la liberté de pensée des femmes ni leur liberté de choix. En moins d'un mois, il a émis un décret rendant le port du voile obligatoire dans les bureaux et les ministères. Les femmes soucieuses de la liberté ont organisé une manifestation massive le 8 mars 1979 pour répliquer par un NON retentissant.De cette façon, les femmes ont rapidement compris la nature misogyne des mollahs et ont commencé à s'engager dans des activités sociales et politiques pour protéger leurs droits. Le mouvement s'est rapidement répandu dans les masses populaires, mais le fascisme religieux a également intensifié sa répression contre les femmes.Dans les deux ans et demi qui ont suivi la révolution, des dizaines de jeunes filles qui soutenaient le mouvement d’opposition démocratique les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) ont été tuées ou blessées dans des attaques de voyous soutenus par le pouvoir. Nasrine Rostami, Mehri Saremi, Sima Sabbagh, Fatemeh Rahimi, Somayeh Noghreh-Khaja et Fatemeh Karimi étaient des lycéennes qui ont perdu la vie dans ce genre d’attaques.Le 27 avril 1981, la grande marche de 200 000 mères a terrorisé le régime. Le 20 juin 1981, lorsque Khomeiny a ordonné à ses gardiens de la révolution d'ouvrir le feu sur la manifestation pacifique d'un demi-million de personnes à Téhéran, les femmes ont choisi l'honneur de résister au lieu de se soumettre.Le régime clérical a lancé ses exécutions de masse le même jour. La première série était des adolescentes de 16 et 17 ans qui n'avaient même pas donné leurs noms. Des mises à mort similaires ont eu lieu tous les jours dans le pays où la résistance des Iraniennes a révélé la cruauté du régime.Les atrocités ont culminé le 8 février 1982, lorsque les leaders du mouvement de résistance en Iran, Achraf Radjavi, Moussa Khiabani et 18 de leurs camarades, dont huit femmes, ont été tués dans une bataille inégale avec les gardiens de la révolution.Achraf avait rejoint la lutte pour la démocratie à l’université où elle étudiait le génie physique à Téhéran. Elle a fait partie du dernier groupe de prisonniers politiques libérés dix jours avant la révolution.

 

 Elle a été une pionnière qui a ouvert la voie à la participation active des Iraniennes dans la lutte démocratique. D’autres confrontations semblables ont eu lieu dans les années suivantes avec des femmes jouant un rôle de premier plan.Un des aspects bouleversants de la lutte dans ces années sombres appartient aux femmes qui ont laissé leurs enfants pour lutter pour la liberté. Des femmes, comme Achraf Radjavi, ont caché leurs bébés dans un endroit sûr de la maison lors des attaques des gardiens du régime et d’autres femmes en prison ont dû subir les mauvais traitements et la torture de leurs enfants sous leurs yeux. Il y a eu de nombreux cas où les enfants ont été enlevés à leurs mères en les laissant sans la moindre information. Ainsi, la participation et le rôle des femmes dans des moments cruciauxs et des tournants historiques, ainsi que le sacrifice sans fin et le lourd prix payé par des dizaines de milliers de femmes et de jeunes filles ont conduit à l'émergence d'un nouveau personnage féminin ouvrant la voie à sa participation égale à la direction de la Résistance.C'est en s’appuyant sur cette conscience, ces sacrifices, ce courage et cet héroïsme qu'aujourd'hui les femmes de la Résistance iranienne dirigent le mouvement et se sont transformées en force de changement. Une force qui n'a pas été écrasée malgré 38 ans de répression brutale, mais qui s'est affermie. Une force qui va écrire et garantir l'avenir d'un Iran libre.Si elle réussit, cette expérience sera considérée comme un immense succès pour le mouvement de l'égalité universelle et pour toutes les femmes du monde. Elle transformera les relations humaines pour les conduire vers une véritable maturité.

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