Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

Par Sholeh Pakravan *

 

Le 20 juin 1981 a été un tournant dans l'histoire de la lutte du peuple iranien dans sa quête de la libertéAujourd'hui, nous nous souvenons des prisonniers politiques, ceux qui ont été tués ces dernières décennies et ceux qui sont actuellement en prison.Le 20 juin 1981, j'étais une adolescente.

C'était le jour où ils ont ouvert le feu sur la manifestation de notre peuple.Ensuite, seuls les noms des jeunes, garçons et filles, qui ont été exécutés ont été annoncés dans les journaux.Ce jour s'est transformé en un tournant dans l'histoire de notre quête pour la liberté ...

A cette époque, je ne comprenais rien.

Je ne savais pas e que signifiait être arrêté et exécuté.

L'arrestation et l'exécution n'étaient que des mots pour moi et je ne comprenais pas l'étendue de la souffrance qu’ils recélaient.

Je n'étais pas au courant et j'ai honte de ne l’avoir pas été.

Quand je dis que j'ai honte, je veux dire que si nous avions tous été  ensemble à l'époque, peut-être qu'ils n'auraient pas pu adopter ces lois inhumaines.

Peut-être que nous aurions pu empêcher les juges non indépendants de présider les tribunaux.

Peut-être les soi-disant tribunaux et les verdicts dictés n'auraient pas existé.

Mon pays n’aurait pas perdu la justice.

Peut-être que ma fille n'aurait pas été renvoyée devant la justice et qu’aujourd'hui, elle pourrait rire et être heureuse sous le soleil brillant.

Tant qu'il y aura des prisonniers politiques, et tant que la peine de mort n'aura pas été abolie, les années passeront les unes après les autres et nous devrons célébrer la mémoire de personnes formidables victimes d’injustice, sans pouvoir apporter de changement au sort des enfants d'aujourd'hui et aux prisonniers de demain, aux jeunes d'aujourd'hui et à ceux qui alimentent la machine à tuer.Pendant des années, nous avons vu le judiciaire et le gouvernement s'opposer aux justes demandes de notre peuple.Ces dernières décennies, nous avons vu comment ils ont enchainé le corps et l'âme de notre nation ...Ismail Abdi a fait une grève de la faim pour protester contre les droits piétinés des enseignants. (Et d'autres grévistes de la faim comme Jafar Azimzadeh, Arash Sadeqi, Saïd Shirzad, les frères Rajabian et Atena Daemi ...)

 

La conscience et la liberté exigent de grands efforts.Tenir des cérémonies commémoratives, des séminaires et des conférences n’est que le début de cette route.Lorsque les mêmes lois, les mêmes injustices et les mêmes méthodes répressives se poursuivent depuis près de 40 ans, nous devons chercher d'autres façons de recouvrir nos droits et d’instaurer la justice.Afin que nous ne soyons pas honteux devant les générations futures et nos jeunes bien-aimés qui ont été tués dans l'histoire contemporaine.Ce jour-là, nous chanterons ensemble que notre quête de justice a porté ses fruits.En tant que survivante des victimes des exécutions, je ne resterai pas silencieuse et je continuerai à demander justice jusqu'à ce que ceux qui ont tué ma fille innocente passe en justice dans un procès équitable.Je montrerai la voie à suivre avec des milliers d'autres qui demandent la justice, l'abolition de la peine de mort, l'interdiction de la torture et la libération des prisonniers d'opinion.Vive la vie,Vive la liberté,Non aux exécutions sous quelque forme et prétexte que ce soit.  * Sholeh Pakravan est une militante des droits humains et contre la peine de mort. Sa fille, Reyhaneh Jabbari, a été pendue le 25 octobre 2014, après sept ans de prison à l'âge de 26 ans, pour avoir tué en légitime défense un haut fonctionnaire des services de renseignement qui tentait de la violer et qui l’avait attirée dans un piège en se faisant passer pour un client de décoration intérieure.Le 20 juin 1981 marque le déclenchement de la résistance à la tyrannie des mollahs. Ce jour-là Khomeiny ordonnait d’ouvrir le feu sur une manifestation pacifique d’un demi-million de Téhéranais. Une longue période de répression absolue s’est ouverte avec 120.000 exécutions politiques.

 

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