Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

La situation des infirmières en Iran mérite une attention particulière. Selon les derniers chiffres, une moyenne de 20 manifestations ont lieu en Iran tous les jours. L'un des secteurs organisant constamment des manifestations sont les infirmières. Malgré un travail lourd et difficile générant beaucoup de pressions, la majorité des infirmières en Iran n'ont pas de CDI. Elles travaillent sur la base de contrats temporaires. On leur offre un petit salaire et il n'est pas régulièrement versé.

 

La dernière protestation des infirmières s'est déroulée à Bouchehr le 24 août 2017, où elles ont réclamé huit mois de salaires non versés. Les infirmières à Semnan ont également organisé des manifestations les 16 et 17 juillet 2017, devant le gouvernorat dans cette ville pour exiger 11 mois de salaire. Les infirmières et le personnel d'un hôpital de Yassouj avaient également manifesté le 30 mai 2017 pour exiger six mois de salaire non payés. Des manifestations similaires ont été organisées partout au pays tout au long de l'année.

 

Une vice-présidente de l'Organisation des soins infirmiers a dû reconnaître que, malgré les nombreuses heures supplémentaires effectuées, cela fait entre six à dix mois que ces heures-là n'ont pas été payées.

 

Les infirmières ne sont pas payées alors que les autorités du régime ont reconnu qu'au cours des 18 derniers mois, au moins 16 infirmières âgées de 25 à 45 ans sont décédées sur leur lieu de travail en raison de la pression exercée par un maximum d’heures de garde, entraînant des accidents vasculaires cérébraux et d'autres problèmes mortels.

 

Cinq mois auparavant, le même responsable a annoncé que 10 infirmières étaient mortes au travail. Cela signifie qu'en cinq mois seulement, six infirmières sont décédées sur leur lieu de travail en raison de la pression. Il convient de noter que les chiffres officiellement annoncés par les autorités iraniennes doivent être considérés comme le minimum.

 

L'une des vice-présidentes de l'Organisation des soins infirmiers, la Dr Jaleh Ezzati, a affirmé qu'il y avait une pénurie d'infirmières dans les hôpitaux. Elle a déclaré: "En Iran, tous les 15 patients ont une infirmière, alors que selon les normes internationales, chaque infirmière doit s'occuper d'un ou de quatre patients au maximum."

 

Un autre officiel a reconnu la pénurie de 100 000 infirmières dans le pays. Selon certains rapports, il y a au moins 11 000 infirmières sans emploi en Iran. Le président de l'Organisation des soins infirmiers a admis que quelque 40 000 infirmières au chômage ont écrit au site de l'organisation qu'elles ne sont pas disposées à poursuivre leur travail en raison d'un manque de sécurité d'emploi. Le responsable a souligné qu'il y a une absence croissante de soutien du gouvernement aux infirmières, et qu'elles doivent supporter une pression considérable tout en touchant de petits salaires.

 

La vice-présidente de l'Organisation des soins infirmiers a également indiqué qu'il y avait de vastes écarts dans les salaires entre les infirmières et les médecins. «La différence dans les salaires d'une infirmière et d'un médecin dans 99 % des pays est de trois fois plus. En Iran, cependant, la différence est de 100 fois plus. Nous avons même eu des salaires 500 fois supérieurs à ceux des infirmières. »

 

Par ailleurs, le nombre de diplômés en soins infirmiers est important, mais beaucoup n'obtiennent pas l'autorisation d'exercer après leur diplôme. C'est pourquoi de nombreuses infirmières décident d'émigrer en dépit d'un manque aigu d'infirmières dans le pays.

 

Néanmoins, nous voyons qu'au lieu de compenser la pénurie d'infirmières dans les hôpitaux, avec l'emploi officiel d'infirmières formées, la réduction du gouffre des salaires, le versement des primes pour des emplois pénibles, le ministère de la Santé a concocté un plan selon lequel les hôpitaux dotés d'installations suffisantes sont autorisés à former leurs propres infirmières. Ce plan a d'abord été annoncé il y a deux ans. Le 13 mai 2017, le ministère a renouvelé ses directives.

 

Au lieu de faire fonctionner les infirmières pour résoudre la pénurie, le ministère  cherche à profiter des diplômés non formés comme main d'œuvre bon marché.  Selon les infirmières militantes, il existe des milliers d'infirmières qui travaillent sur la base de contrats non officiels malgré des années d'expérience dans ce domaine et le plan du ministère de la Santé mettra en péril leur sécurité d'emploi. En outre, certains experts croient que le plan ramènera la profession 50 ans en arrière.

 

Les infirmières iraniennes ont organisé des manifestations nationales le 6 août 2017 contre le plan du ministère de la Santé. Les manifestantes à Téhéran, Chiraz, Ispahan, Ahwaz, Bojnourd et Hormouzgan ont appelé à la fin de ce plan contraire à toutes les normes académiques. Elles ont déclaré qu'elles continueront leurs protestations jusqu'à ce qu'elles obtiennent leurs demandes.

 

En ce qui concerne la situation des infirmières, il faut également noter l'emploi des aides-soignantes. À l'heure actuelle, quelque 10 000 aides-soignantes diplômées n'ont pas été recrutées et leur embauche reste indécise. Elles ont des diplômes d'études secondaires et ont payé très cher une année de formation.

 

Alors que les Nations Unies et la Commission de la condition de la femme (CSW) ont concentré leur agenda de 2017 sur l'élimination de la discrimination à l'égard de l'économie féminine, un salaire égale à travail égal, la réduction de l'écart sur le marché du travail, un travail décent pour chaque femme, etc., les conditions déplorables des infirmières en Iran sont préoccupantes et méritent l'attention et la solidarité de la communauté internationale

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