Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

CNRI Femmes -  En cette Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, nous lançons un appel à mettre fin à la violence d’Etat contre les femmes en Iran.

La Constitution et les lois du régime clérical institutionnalisent la violence contre les femmes et légalisent les peines cruelles de fouet, de lapidation et d'aveuglement. Le pouvoir prend systématiquement et officiellement des mesures violentes contre les femmes jour et nuit, dans tout le pays, une tendance permanente depuis la répression brutale sans précédent des années 1980, où il a éliminé des milliers de femmes de l'opposition.

Voici un bilan de violences d’Etat sur un an en Iran :

Le commandant des forces de sécurité de l'État, Hossein Ashtari, a annoncé l'an dernier qu'au moins 2 000 femmes sont arrêtées chaque jour en Iran pour avoir enfreint le code vestimentaire obligatoire. Ces femmes sont brutalisées et embarquées de force dans des fourgons de police pour être ensuite maltraitées et humiliées dans des centres de détention. Elles sont contraintes de signer des engagements écrits et de payer de payer de lourdes cautions pour être relâchées.

Les Iraniens ont réussi à filmer ce genre de scènes de violence et à les diffuser sur Internet, ce qui donne un aperçu de la terreur visant les femmes en Iran 24 heures sur 24.

Les chiffres réels sont certainement plus élevés, comme en témoignent les appels officiels et la mobilisation de troupes dans tout le pays pour les campagnes de « voile et chasteté ». Les commandants de police et les gouverneurs de toutes les provinces ont lancé des menaces sévères contre les femmes mal-voilées, en particulier celles qui se débarrassent du voile en voiture.

Le responsable de la « promotion de la vertu » de la province de Semnan a déclaré le 5 octobre 2017 avoir renforcé ses troupes avec 2000 agents féminins pour faciliter la répression des femmes. Le chef de la police de la petite bourgade de Tonekabon, dans le nord de l'Iran, a annoncé le 16 octobre sur le site officiel de la ville que ses forces avaient procédé à 22 000 interpellations de femmes au cours de l'année écoulée.

L’appareil judiciaire a rejeté l'adoption d'un projet de loi criminalisant la violence contre les femmes et le régime a fait du port de vêtements non conformes au code vestimentaire en dehors des heures de bureau une infraction pénale. Le ministère de l'Intérieur a prévu des inspections dans les administrations, les hôpitaux publics et le secteur privé afin de veiller au respect du voile par les femmes.

Les vendeuses de rue sont parmi les secteurs les plus déshérités de la société, elles sont constamment agressées et se font confisqués leurs maigres marchandises. Des agents municipaux ont attaqué une pauvre vendeuse à Téhéran le 1er septembre 2017, lui causant un infarctus du myocarde, et ont frappé une autre vendeuse à Ahwaz à coups de matraque électriques en décembre 2016.

Le système judiciaire en Iran a prononcé au moins une douzaine de peines de flagellation contre des femmes, dont certaines ont été appliquées. Ceci s'ajoute à une peine de lapidation et une condamnation à être aveuglée.

Au moins 81 femmes ont été exécutées au cours des quatre années et demie du mandat de Rohani, dont dix en 2017, tandis que de nombreuses autres, dont une mère de six enfants, ont été condamnées à mort.

Des dizaines de femmes et de militantes ont été arrêtées et interrogées sous la torture pour avoir défendu les droits des femmes et des enfants, pour avoir célébré le Nouvel An ou le résultat du référendum au Kurdistan irakien, pour avoir réclamé justice pour l'exécution de leurs frères et sœurs ou pour avoir demandé où se trouvaient leurs proches disparus. Les détenues ont été violemment battues et mises à l'isolement pour s'être opposées à l'absence de moyens élémentaires en prison, comme de l'eau chaude et le chauffage en hiver, tandis que d'autres ont été privées des soins médicaux dont elles avaient besoin.

Les gardiens de prison ont lancé de multiples raids dans les sections des femmes pour les brutaliser et les terroriser. Une interprète a été condamné à mort et des journalistes ont été arrêtées pour avoir rapporté la vérité. Une militante civile a été arrêtée et battue, enchaînée et menottée en prison, puis envoyé dans un hôpital psychiatrique pour y subir d'autres tortures psychologiques.

Des mères de militants des droits civiques ont été battues par des gardiens de prison. Une femme enceinte a fait une fausse couche après une descente d'agents du renseignement chez elle à la recherche de son mari. Mahdisse Mirghavami, ingénieure, s'est suicidée à sa sortie de prison après deux jours de détention parce qu'elle y avait été agressée sexuellement.

Sous ce régime misogyne qui réprime les femmes avec 26 ministères et organismes gouvernementaux, une culture dominée par les hommes continue de faire payer un lourd tribut aux femmes. Selon les statistiques officielles en Iran, 66 pour cent des Iraniennes sont victimes de violences domestiques au cours de leur vie. Bien que ce chiffre soit le double de la moyenne mondiale (33 %), il doit être considéré comme franchement une sous-estimé.

De nombreuses informations dans la presse ont fait état d'agressions sexuelles contre des fillettes qui travaillent et des femmes souffrant de handicaps mentaux, de viols et d'assassinats de fillettes d’à peine six ou sept ans, de suicides d’adolescentes après un viol, de viols de jeunes filles par des parents proches, de crimes « d'honneur » pour avoir résisté à un mariage forcé, d’agressions à l'acide dans tout le pays, de meurtres de jeunes femmes en résidence universitaire, de mort cérébrale d'une fillette de cinq ans sous les coups de son père, ainsi que la découverte du corps carbonisé d'une jeune institutrice dans les montagnes de Ramhormouz. Il y a eu également une nouvelle sur une femme condamnée à 15 ans de prison et 99 coups de fouet après avoir été droguée et violée.

De toute évidence, ces informations ne sont que la pointe de l'iceberg des crimes et violences commis contre les femmes sous ce régime misogyne.

Selon les autorités, en quatre mois, 255 femmes ont porté plainte contre les mauvais traitements que leur infligeaient leurs maris dans la province de Kohgiluyeh-va-Boyer-Ahmad, dans le sud-ouest de l'Iran. Le bureau de médecine légale de Téhéran a annoncé recevoir en moyenne 52 cas par jour de femmes battues et avoir enregistré les noms de 12 159 femmes victimes de violence en seulement quatre mois, de mars à juillet 2017. Un responsable de l'Organisation nationale de la protection sociale a recensé 11 000 femmes victimes de violence familiale sans en préciser la durée. Et le bureau de la médecine légale de la province de Khorassan Razavi a annoncé que 7000 femmes avaient été battues par leur mari en un an.

La Commission des femmes du Conseil national de la Résistance iranienne salue les femmes iraniennes et, en particulier, les détenues politiques et les prisonnières d'opinion pour avoir résisté et défié les diktats du régime clérical. Nous rendons également hommage aux femmes qui ont perdu la vie dans la lutte pour la liberté et l'égalité en Iran.

Comme la répression des femmes constitue un pilier inhérent de la tyrannie religieuse par lequel elle soumet toute la société, la quête de l'élimination de la violence contre les femmes et du respect de leurs droits en Iran est étroitement liée au mouvement national pour un changement de régime. De même, la défense des droits et de l'égalité des femmes est indispensable à la lutte pour la liberté du peuple iranien.

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