Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

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Les femmes sont le visage du soulèvement en Iran

 Alors que le mois de décembre 2017 touchait à sa fin, la vague naissante de mécontentement a grossi de manière décisive pour éclater en manifestations antigouvernementales radicales qui ont fait trembler la terre sous le régime des mollahs, occultant toutes les autres questions.

Le 28 décembre, quelque 10 000 personnes sont descendues dans les rues de Machad, la deuxième ville d'Iran dans le nord-est, pour protester contre la flambée des prix alors que le pouvoir d'achat de la population est quasiment nul.

À la fin de l'année et en seulement quatre jours, les manifestations se sont étendues à plus de 100 villes de tout le pays. Le slogan du premier jour de « Mort à Rohani » - « A bas la dictature » - a rapidement changé le second jour en " Mort à Khamenei " et d'autres slogans visant le guide suprême des mollahs.

Les protestations à l'échelle nationale étaient non seulement dirigées contre la hausse des prix, la fraude et la corruption du gouvernement ainsi que l’implication coûteuse dans les conflits régionaux, mais aussi contre le régime oppressif des mollahs dans sa totalité. Les gens ont clairement et ouvertement réclamé le renversement de la dictature religieuse, en jurant de ne pas reculer avant de l’avoir renversée.

Dans les cortèges on scandait notamment « indépendance, liberté, République iranienne », « Khamenei doit savoir qu'il sera bientôt renversé », « canons, chars, pétards, les mollahs doivent dégager », etc.

Dans leurs cris de colère, les manifestants qualifient de "voleurs" les mollahs, les dirigeants et les officiels et les blâment pour la misère qui écrase la majorité de la nation.

 

Le rôle des femmes dans le soulèvement

Parfaitement remarquables, les femmes se sont activement engagées dans l’ensemble des manifestations, rassemblements et affrontements.

Les femmes ont fait preuve d'un courage extraordinaire, défiant sans peur les mains vides les forces de sécurité armées, encourageant les autres à ne pas avoir peur et à continuer, invitant à rejoindre les protestations, lançant les slogans de « Mort au dictateur », détruisant les portraits de Khamenei dans chaque ville et repoussant les forces de sécurité qui tentent d'arrêter les manifestants.

Comme au cours des 150 dernières années en Iran, personne n'a enregistré cette participation des femmes, cependant les clips vidéo - tournés la plupart du temps à la hâte dans le feu de l'action contre les forces de sécurité - montrent des femmes et laissent entendre leur voix plus forte que les autres.

 

Cinq étudiantes de Téhéran arrêtées après l'insurrection

De g à d :  Yassamine Mahboubi, Soha Morteza’i, Faezeh Abdipour, Leila Hosseinzadeh, Neguine Arameshi

 

 

Des témoins ont également attesté du fait que le courage des femmes est une force motrice dans toutes les scènes de protestation et de manifestations.

Les médias dans le monde ont écrit sur la bravoure des Iraniennes en première ligne des cortèges. On peut citer notamment :

Femmes héroïques luttant pour la liberté - A ceux d'entre vous qui veulent voir de vraies combattantes pour la liberté, regardez dans les rues d'Iran... (Gatestone Institute, Khadija Khan)

Les femmes sont le visage des protestations en Iran - Les femmes sont celles qui risquent le plus en se dressant contre les mollahs iraniens. (Independent Women’s Forum – Charlotte Hays)

Les images les plus frappantes qui ressortent des manifestations en Iran pour les droits humains ne sont pas des hommes, mais des femmes. (Fox News – Stephen L. Miller)

 

Comment cela a-t-il commencé et quel a été le rôle des femmes?

Le soulèvement national a été déclenché par une grande manifestation contre la hausse des prix et la corruption à Machad, la deuxième ville d'Iran. Les femmes étaient nombreuses, bruyantes et actives dans cette protestation qui s'est rapidement répandue dans de vastes parties de cette ville sainte.

Des témoins ont loué le rôle admirablement courageux des femmes dans les manifestations dans le pays.

Une scène audacieuse dans un clip tourné juste le deuxième jour du soulèvement est le fait d’une femme dans la ville de Hamedan, dans l'ouest de l'Iran. Elle crie pour la première fois « Mort à Khamenei » bien en face des forces de sécurité qui l'entourent et le répète encore une ou deux fois avant d'être emmenée par un ami.

Les manifestants de Machad n’avaient scandé que « Mort à Rohani », le président du régime, et « A bas la dictature » sans nommer ouvertement Khamenei, le guide suprême des mollahs. Mais cette femme téméraire d'Hamedan a rompu le sort, ouvrant la voie aux manifestations où vont retentir les slogans contre Khamenei.

A partir de là, les gens ont commencé à brûler les portraits immenses de Khamenei dans les villes et à les démolir à chaque manifestation.

Les femmes se sont également exprimées très ouvertement pour défier les forces de sécurité. De petits clips tournés à la sauvette lors d'affrontements violents entre manifestants et forces de sécurité montrent des jeunes femmes désobéissant à des agents ou engagées dans des affrontements contre des unités anti-émeutes à Ispahan, dans le centre de l'Iran.

A Téhéran, des étudiantes ont activement défié les gardes de l'université et déployé des efforts pour ouvrir les portes et défiler dans la rue. Très animées, elles encourageaient les autres à s'unir et à ne rien craindre et guidaient les étudiants avec des cris de "Mort au dictateur" et "Mort à Khamenei".

Dans une autre photo virale sur Internet, une jeune femme devant l'université de Téhéran se couvre le visage, le poing levé, fuyant un nuage de gaz lacrymogènes. Une jeune femme a été filmée en train de défier des agents dans une manifestation à Zandjan, au nord-ouest de Téhéran.

Il y a un nombre considérable de clips démontrant la présence importante des femmes dans les cortèges de toutes les grandes villes.

Certains montrent aussi des femmes qui haranguent des foules de spectateurs, les invitant à rejoindre les manifestations. Une femme dans la ville de Qods déclare : « Levons les poings ! Soyez des hommes, rejoignez-nous. Moi, une femme, je vous protégerai. Venez représenter votre pays ! »

Des dizaines de femmes ont été brutalisées et arrêtées avec violence par les forces répressives.

Bien sûr, ce n'est que le début. Les femmes vont jouer un plus grand rôle et auront un impact majeur sur la lutte contre la dictature religieuse et sur le mouvement démocratique.

Après avoir subi le poids de la répression des mollahs pendant près de 40 ans, les Iraniennes sont la force du changement, un ressort comprimé qui va se détendre au fur et à mesure que la peur de la répression disparaîtra.

Le monde en a été témoin dans une certaine mesure lors du soulèvement de 2009.

 

Avant le soulèvement

68 manifestations avant le soulèvement en décembre

Avant le début du récent soulèvement, les femmes avaient aussi joué un rôle impressionnant dans les manifestations de divers secteurs sociaux, comme l’a rapporté la commission des Femmes du Conseil national de la Résistance iranienne dans les mois de septembre et d’octobre. Avant le 28 décembre, elles avaient pris part à au moins 68 manifestations d’étudiants, d’enseignants, d’infirmières, d’internes, de retraités, d’épargnants spoliés et d’autres secteurs sociaux mécontents à travers le pays. Leurs slogans étaient moins radicaux mais visaient les chefs des trois branches du pouvoir. Dans une manifestation à Racht, dans le nord de l’Iran, les participants étaient surtout des femmes qui ont lancé des œufs et des tomates pourries, ainsi que de la peinture sur le mur d’un établissement de crédit qui les avait entièrement dépouillées. A Ahwaz, dans le sud-ouest de l’Iran, les manifestants suivaient une femme qui lançaient des slogans contre le pouvoir.  

 

Des femmes brutalisées lors de manifestations

Lors d'une manifestation organisée à Téhéran le 26 décembre, à l'appel de la femme d'un militant syndical emprisonné, au moins dix femmes ont été arrêtées violemment et emprisonnées.

A Kermanchah, une femme a été blessée par du gaz au poivre lorsque la police a chargé la manifestation du 12 décembre d’épargnants spoliés devant le bureau du gouverneur.

Le 8 décembre, une femme du nom de Khadija Nissi a été arrêtée à Ahwaz pour avoir crié lors d'une manifestation contre les attaques de l'armée, les 3 et 5 décembre, dans un village de la minorité arabe d’Iran, près de Dehloran, où les troupes ont brutalisé et gazé les paysans, dont un grand nombre de femmes, pour leur confisquer leurs terres. Au moins sept femmes ont été arrêtées et emprisonnées.

 

Châtiments inhumains et dégradants et arrestations sociales

Le 10 décembre a marqué la Journée mondiale des droits humains. Néanmoins, en Iran, le régime a continué d'infliger des peines cruelles, inhumaines et dégradantes et d'arrêter des femmes et des hommes pour n'avoir pas observé la ségrégation sexuelle dans des fêtes organisées chez eux ou ailleurs.

De nouvelles condamnations à mort ont été prononcées contre deux femmes prénommées Kimia et Mojgan.

Deux militantes kurdes, Zamaneh Zivi et Manareh Malaviseh, ont été arrêtées et condamnées à 50 coups de fouet chacune pour avoir participé au référendum sur l'indépendance du Kurdistan d'Irak.

Deux femmes du nom de Soheila Zobeiri et Kobra Khalandi ont été condamnées à la prison pour avoir participé à des manifestations contre le meurtre d'innocents.

Une femme d'âge mûr, dont on ne connait pas l’identité, a été condamnée à des travaux forcés dans une morgue (laver les morts), pour l'accusation présumée d'avoir eu des relations illicites avec un homme, ce qu’elle a démenti.

Des responsables d'une école de filles à Islamabad près d’Oroumiyeh (nord-ouest de l'Iran), ont coupé les cheveux des élèves en présence des forces de sécurité pour leur faire porter un bandeau sous le voile afin de recouvrir complètement leurs cheveux.

Au moins 24 femmes et hommes ont été arrêtés le 2 décembre à Arak (province du centre), 35 autres le 29 décembre à Varamine (sud-ouest de Téhéran) et 230 le 21 décembre à Lavassan et Farmanieh (nord de Téhéran) pour avoir participé à des fêtes mixtes.

Un groupe de femmes et d'hommes ont également été arrêtés pour avoir participé à un cours de coiffure mixte.

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