Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

Mesdames et Messieurs
Très chères sœurs,


Parlementaires, intellectuelles, éminentes personnalités et militantes du mouvement pour l’égalité !

La journée internationale des femmes approche. Le 8 mars est dédié aux femmes qui ont lutté et luttent pour l’égalité et la liberté, des femmes qui se dressent pour des lendemains glorieux et un monde meilleur, et pour qui la résignation, le désespoir et l’impuissance n’ont pas de sens.

Aujourd’hui, les femmes courageuses dans les prisons politiques en Iran et les mères intrépides qui se sont maintes fois insurgées devant la prison d’Evine à Téhéran, sont avec nous.
Nous saluons également les femmes d’avant-garde iraniennes qui se sont insurgées contre deux dictatures, de l’organisation des Fedayines du peuple et de l’organisation des Moudjahidine du peuple, et qui ont laissé leur vie comme FatemehAmini et MarziehOskouï, jusqu’à AchrafRadjavi et toutes les femmes qui se sont dressées contre le régime du guide suprême. Je pense en particulier à Zahra Rajabi qui a été assassinée par des terroristes de Téhéran il y a 20 ans en Turquie. Je pense aussi à Zohreh Ghaemi, GuitiGuivechiniyan, Saba Haft-Baradaran, AssiehRakhchani, MahdiehMadadzadeh, NayerehRabii et toutes mes sœurs héroïques qui ont été tuées aux camps d’Achraf et Liberty.
Saluons aussi les femmes opprimées de Syrie qui malgré toutes les douleurs et les souffrances sous les bombardements, sous les attaques criminels de Daech ou dans l’exode et en exil, restent toujours debout.Jusqu’à présent plus de 400.000 Syriens ont été tués, avec parmi eux des groupes innombrables de femmes et d’enfants.
Mais pourquoi leurs douleurs et leur tristesse doivent-elles durer ? Et pourquoi face aux crimes du régime iranien dans ce pays, le monde garde-t-il le silence ?
Pour les défenseurs de la cause de l’égalité, quel devoir plus urgent que la solidarité avec les millions de femmes prises dans le brasier de la Syrie ?Pour nos sœurs de tous les pays, quel combat plus important que de lutter contre la source de la guerre et du bain de sang au Moyen-Orient, à savoir le régime du guide suprême au pouvoir en Iran ?
C’est pourquoi je vous appelle ainsi que l’ensemble des militantes et militants du mouvement pour l’égalité dans le monde, à voler au secours des femmes qui souffrent en Syrie, en Irak et au Yémen.

Les élections : Une compétition entre les responsables actuels et précédents de la torture, des exécutions

Chères amies,
Hier, le 26 février, les mollahs ont tenu une parodie électorale. Mais ce n’était pas pour élire les représentants du peuple. Les noms des candidats rivaux montrent qu’Il s’agissait plutôt d’une compétition entre les responsables actuels et précédents de la torture, des exécutions et de l’exportation du terrorisme ; ce qui balaye le mythe de modération au sein de ce régime. C’est pourquoi cette parodie s’est heurtée à l’indignation de la majorité de la population et surtout de la jeunesse.
Avec ces élections, Khamenei veut focaliser au maximum son régime sur la guerre en Syrie, la répression en général et celle des femmes en particulier en Iran. Mais cela ouvre en fait une période sans précédent de fragilité et d’usure dont le régime du guide suprême ne sortira pas indemne.
Maintenant c’est au tour du peuple iranien et nous appelons nos compatriotes à l’intérieur du pays, en particulier les femmes et la jeunesse courageuse, à étendre leur lutte.


Les violences faites aux femmes légalisées
Mesdames et Messieurs, Chères amies,
L’intégrisme islamiste est un cancer qui prolifère et menace tout le monde.De telle manière que de la Méditerranée jusqu’aux rives de l’Atlantique,partout, l’extrémisme sous le couvert de l’islam a émergé, comme Daech, et prend les femmes pour cibles principales. Par conséquent, il est nécessaire de connaitre la source et le foyer central de ce terrible fléau, de trouver la solution qui le déracinera et de débattre du rôle des femmes dans cette lutte.
C’est pourquoi aujourd’hui, je voudrais aborder un sujet dont le monde a peu entendu parler. Il s’agit de l’oppression des femmes par le régime iranien et la résistance qu’elles lui opposent.
En Iran depuis plus de trente ans, un régime intégriste est au pouvoir avec pour caractéristique majeure son hostilité envers les femmes. De telle manière que ces trente, quarante dernières années, nulle part ailleurs qu’en Iran autant de femmes ont été exécutées, torturées ou harcelées dans les prisons.

La misogynie inscrite dans les lois et la charia des mollahs

Permettez-moi avant toute chose d’aborder les lois du régime et les fondements de sa charia réactionnaire.La Constitution des mollahs, dans son article 167, stipule que « le juge a le devoir de trouver le jugement relatif à chaque litige dans les lois codifiées, et s’il n’en trouve pas, de rendre un jugement de l’affaire en s’appuyant sur des sources valides islamiques ou des décrets, des fatwas, valides. »
Cet article donne toute liberté d’action aux juges de s’appuyer sur des fatwas religieuses pour prononcer des jugements. Mais ces fatwas pour le régime des mollahs, ne sont autres que le livre de décrets religieux de Khomeiny qui se nomme Tahrir al-Vassileh. Une grande partie de ce recueil traite des moyens et des méthodes de la domination patriarcale, de l’inégalité imposée aux femmes, du droit à la polygamie et va même jusqu’à légitimer le traitement inhumain des femmes et des filles.
Dans ce livre, Khomeiny justifie dans plusieurs ordonnances l’esclavage des femmes dans la charia des mollahs au 20e siècle. De même dans des dizaines d’autres ordonnances, il donne le droit aux hommes de prendre un nombre illimités de femmes provisoires. Encore au 20ème siècle, il donne aux partisans des mollahs le droit de prendre des femmes comme butin de guerre.
Dans son livre Khomeiny souligne que « certains droits des gens sont tels qu’ils ne peuvent être prouvés que par le témoignage d’un homme,mais le témoignage de deux femmes ne peut pas remplacer celui d’un homme.».
Ailleurs, il écrit : « le témoignage d’une femme en soi n’est pas acceptable. Même les témoignages d’un homme et de six femmes ne sont pas acceptables (...) Même les témoignages de huit femmes ne sont pas acceptables. »
Dans ce livre, Khomeiny justifie l’exploitation sexuelle des fillettes de moins de 9 ans et même des tout-petits. Il délivre aussi toute une série d’ordonnances sur le mariage des filles mineures. Et dans d’autres ordonnances, il réduit le mariage des femmes à un contrat commercial, insultant leur dignité.
On peut se faire une idée claire de l’usage de la violence et du viol contre les femmes dans le rapport sur l’Iran de Mme YakinErtük, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les violences faites aux femmes, publié en 2005 et qui montre le fruit de cette charia obscurantiste. De même, l’usage à grande échelle de la drogue et la misère qui dévore femmes résultent aussi de cette même charia si corrompue. C’est pour pourquoi nous disons que le régime du guide suprême est l’ennemi des femmes.
De plus ces trois dernières décennies, Khomeiny et ses mollahs ont cultivé cette idéologie dans l’esprit des groupes extrémistes des autres pays et ont généré beaucoup de ces groupes en distribuant des aides matérielles.
Ce phénomène, surtout ces deux dernières années s’est propagé de manière offensive dans tout le Moyen-Orient et en Afrique. Il apparait sous des formes diverses : de Daech au Taliban jusqu’à BokoHaram et les milices du régime iranien en Irak, au Yémen et au Liban.
Regardez comment Daech traite les femmes sous prétexte de décrets islamiques. Regardez surtout comment il réduit en esclavage les femmes et les filles Yézidis en Irak. Ce sont exactement les ordonnances que je viens de vous citer en exemple dans le livre de Khomeiny.
Mais tous ces groupes, qu’ils soient chiites ou sunnites, croient dans plusieurs éléments fondamentaux communs qui sont :
- imposer la religion de force
- appliquer les décrets de la charia des mollahs
- Rejeter les frontières, se livrer à des massacres et au terrorisme.
- Etre hostiles à l’Occident
- Eliminer les opposants sous prétexte d’excommunication
- Surtout opprimer les femmes
- et instaurer un pouvoir tyrannique sous le nom de califat, d’ « Etat islamique » ou de régime du guide suprême
Dans son livre intitulé « Etat islamique », Khomeiny définit officiellement le régime qu’il entend créer, de « califat ». Mais, il s’agit en fait d’une injustice absolue, sanguinaire et hostile aux femmes que les mollahs au pouvoir en Iran jusqu’aux groupes comme Daech font passer pour de l’islam.
Or, tout ce qui est contrainte et obligation et tout ce qui rejette le vote et le libre choix populaire, non seulement ce n’est pas l’islam mais c’est contraire à l’islam. Et tout ce qui nie l’égalité des droits des femmes, n’a pas sa place dans l’islam. Face à l’extrémisme, l’obscurantisme et l’instrumentalisation de la religion, nous défendons l’islam démocratique.
Nous voulons avec ce mot émancipateur d’égalité et en particulier de participation active et égale des femmes à la direction politique, faire de ce siècle, le siècle des femmes, une ère de libération des femmes et de l’Humanité.

Exécution et violences faites aux femmes

Chères amies,
Le régime du guide suprême est l’ennemi des femmes parce que son pouvoir est fait de violences et de répressions constantes contre les femmes.
En plus de 74 formes de tortures dans les prisons politiques, sur la base d’une fatwa ignoble, ce régime a fait violer un grand nombre de jeunes filles avant de les exécuter. Le viol des jeunes détenus, femmes et hommes, a pris de nouvelles dimensions lors de la révolte de 2009. Ce régime a également exécuté des milliers de femmes en raison de leurs activités politiques et de leur lutte.
Ici je ne peux m’empêcher de penser à FatemehMesbah qui n’avait que 13 ans le jour de son exécution, MojganJamchidi qui avait 14 ans et NouchineEmami qui en avait 16 quand on les a fusillées.
En ce moment, me revient le souvenir des femmes qui sont mortes sous la torture et de celles qui ont été fusillées enceintes. Il ne s’agit ni d’une dizaine, ni d’une centaine, ni d’un millier, mais de plusieurs milliers de femmes qui ont été fusillées, pendues ou sont mortes sous la torture. Des milliers de cœurs qui battaient pour la liberté et l’égalité et des milliers de volonté de combattre, qui recélait chacune des univers de compassion et de savoirs.
Ces dernières années, elles ont été un grand nombre à être exécutées pour des délits de droit commun et même pour des accusations non prouvées. Sous le mandat présidentiel du mollah Rohani, au moins 64 femmes ont été pendues en Iran. ReyhanehJabbari, cette jeune femme courageuse exécutée pour s’être défendue contre son violeur, et tant d’autres Reyhaneh dont nul ne connait le nom.
Mais ne sous-estimez pas ces cris que personne n’entend. Ne sous-estimez pas ces larmes que personne n’a vues et ces gémissements étouffés.  Ce sont les éléments d’une tempête qui finira par balayer les ennemis des femmes.

Le voile obligatoire

Chères amies,
Un autre domaine de la violence et de la contrainte en Iran, c’est le voile obligatoire. Les femmes en Iran dès les premières semaines du pouvoir de Khomeiny ont protesté contre le voile imposé. A la même époque, les femmes du mouvement des Moudjahidine du peuple ont participé activement dans les manifestations contre le voile obligatoire.
Le mollah Rohani dans ses mémoires, reconnait avoir été – dans sa fonction de représentant de Khomeiny au bureau politico-idéologique de l’armée – celui qui a imposé le voile dans l’administration de l’armée et de s’être rendu personnellement dans tous les services pour le faire entrer en vigueur.
De même, il existe toute une série de règlements qui restreignent les libertés individuelles et sociales des femmes en Iran. De multiples organes spéciaux ont été mis sur pied uniquement pour combattre les femmes jugées mal-voilées. D’après des informations officielles, en un an, les agents ont interpellé 3,6 millions de femmes soi-disant « mal voilées » dans les rues et en ont envoyées 18.000 devant un tribunal.
En fait, ils ont fait de l’Iran une immense prison de femmes.
Il y a deux ans, les hommes de main du régime ont vitriolé de nombreuses femmes dans la ville d’Ispahan et aujourd’hui encore, des jeunes filles comme Soheila, Neda et Sara souffrent toujours de ces brûlures. Leurs souffrances incarnent celles de toutes les femmes d’Iran.
C’est pourquoi une fois de plus nous disons : Les femmes iraniennes doivent être libres ! Elles doivent elles-mêmes choisir leurs opinions, leurs vêtements et leur vie. Et nous répétons : Non au voile obligatoire ! Non à la religion obligatoire ! Non à un gouvernement obligatoire !

La pauvreté des femmes en Iran

Chères amies
Aujourd’hui, avec l’inégalité, l’oppression et la répression, la pauvreté et la misère noire se sont emparées de la vie de la majorité de la population, en particulier des femmes.
A Téhéran, des mères vendent leurs enfants avant leur naissance pour environ 25 euros et les femmes qui dorment dans des cartons dans les rues de Téhéran se comptent au nombre de 5000.
Mais pire que cette pauvreté qui s’étend, c’est une politique réactionnaire qui restreint sans cesse la participation des femmes à la vie sociale. 87% de la population non-active sontdes femmes. Plus de4 millions de femmes diplômés sont au chômage. Et ces dix dernières années, plus de 100.000 femmes ont été exclues annuellement du marché du travail.
La participation économique des femmes n’est même pas de 13% et la participation politique des femmes dans ce régime n’a aucune signification. Le total de femmes élues au parlement en 36 ans atteint à peine la cinquantaine, 3% dans la législature actuelle. La mise en place de ces interdits, sont les décisions les plus politiques et les efforts du régime du guide suprême pour barrer la route à la participation des femmes.
C’est pourquoi je dis à mes filles et mes sœurs à travers tout l’Iran : Vous méritez de décider de votre destin dans un Iran libéré du régime du guide suprême. Vous et vos sœurs d’avant-garde au camp Liberty,vous pouvez et vous devez balayer de notre région, la dictature du guide suprême, l’intégrisme islamiste et les différents groupes qu’il a engendré ; et amener la liberté en Iran, la paix dans la région et la sécurité dans le monde.

Les acquis de la Résistance

Mes chères sœurs,
Pour l’Iran après le renversement du régime du guide suprême, nous avons pour programme l’instauration d’une démocratie fondée sur la liberté, l’égalité, la séparation de la religion et de l’Etat et l’abolition de la peine de mort.
Nous voulons que les femmes puissent jouir dans tous les domaines de droits égaux, notamment l’égalité dans les libertés et les droits fondamentaux, l’égalité devant la loi, l’égalité économique, l’égalité dans la famille, la liberté de choisir ses vêtements et la participation active et égale à la direction politique.
Les femmes de la Résistance iranienne se battent pour que le peuple iranien, en particulier les femmes, soit libéré afin de pouvoir décider de son destin.Le régime du guide suprême, qui pratique le monopole à outrance, s’oppose de toutes ses forces à ce droit.
Face à lui, nous insistons sur un maximum de participation égale des femmes à la direction politique. Cette exigence, n’est pas juste un slogan et un programme pour l’avenir mais se fonde sur la pratique de cette Résistance.Une résistance dont le dirigeant, grâce à une conception profondément unicitaire, opposée à l’exploitation, a ouvert l’avancée du mouvement de l’égalité.
La persévérance de ce mouvement est le fruit d’une défense sans concession de la cause de la liberté et de l’égalité. En particulier, ces trente dernières années, l’organisation des Moudjahidine du peuple a fait de la valeur de l’égalité la base pratique de sa lutte et de ses relations internes. Une génération de femmes de l’OMPI gère depuis des années de grands organes de la Résistance, mettant ainsi cette valeur en application. Par ailleurs, une génération d’hommes qui croient dans la cause de l’égalité, a accepté l’égalité des femmes et leur rôle d’avant-garde, trouvant ainsi leur émancipation et un nouveau sens des responsabilités. La formation du Conseil centrale de l’OMPI avec un millier de femmes pour diriger la résistance, est un grand pas dans cette voie. Et aujourd’hui, elles ouvrent la voie en confiant des responsabilités à la nouvelle génération.
Le message de ce conseil central est simple : Pour chaque travail et chaque poste, c’est écarter l’idée de « moi d’abord », mais d’être toujours la première dans le domaine du dévouement et du sens des responsabilités.
Au lieu de voir les faiblesses et les manques des autres, voir leurs points forts et c’est de cette manière que l’on peut construire un nouveau monde d’humanité.

Mes chères sœurs,
Notre plus grand capital c’est notre solidarité.Nous devons développer la chaine de notre union, partout où il y a une oppression : des prisons iraniennes jusqu’aux foyers de terreur au Moyen-Orient. Soyons un nouveau message d’émancipation pour l’ensemble de l’Humanité.
Nous le pouvons et nous le devons !

Je vous remercie

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