Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

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Introduction

 Selon l’article 3-a du Protocole de Palerme additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, « l'expression "traite des personnes" désigne le recrutement, le transport,

le transfert, l'hébergement ou l'accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d'autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d'autorité ou d'une situation de vulnérabilité, ou par l'offre ou l'acceptation de paiements ou d'avantages pour obtenir le consentement d'une personne ayant autorité sur une autre aux fins d'exploitation. L'exploitation comprend, au minimum, l'exploitation de la prostitution d'autrui ou d'autres formes d'exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l'esclavage ou les pratiques analogues à l'esclavage, la servitude ou le prélèvement d'organes ».

La traite des blanches vers des pays étrangers, en particulier les pays du Moyen-Orient est un fléau très répandu depuis l’avènement de la théocratie en Iran.

Lors d’une intervention en 2008, un théoricien du pouvoir en place, Hassan Abbassi, a levé le rideau sur les faces cachées de la traite des blanches en Iran. Dans ce discours, Abbassi accuse Mohammad Khatami (alors Président de la République), Ali Younessi (alors ministre des Renseignements), le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), la milice du Bassij, le pouvoir judiciaire, le mollah Seyyed Mahmoud Chahroudi (alors chef du pouvoir judiciaire), et Mohammad Ghalibaf (alors chef de la police nationale et qui fut ensuite Maire de Téhéran), de graves manquements dans la prévention et la lutte contre la traite des blanches vers les pays arabes.

Depuis l’avènement de la théocratie, les droits des femmes ont été malmenés. Sans qu’il y ait des lois écrites là-dessus, la valeur des femmes est considérée de moins de la moitié d’un homme, et beaucoup des décisions de sa vie personnelle, comme les voyages, sont confiées aux hommes.

 

 

Histoire

 

Le 26 mai 2004, le journal d’État Charq écrit: « Aujourd’hui, un groupe de filles et de garçons sont mis en vente à Fujaïrah, aux EAU ».

Les mafias iraniennes de la traite des blanches ont préparé les étapes préliminaires lors d'une exposition internationale, deux semaines avant la publication de ce rapport. Elles ont trié 54 filles parmi les 286 qu’elles détenaient.  Ces filles ont été exposées un premier temps le 17 mai 2004 dans un appartement, avant qu’elles soient transférées dans un pays arabe voisin. Après tous ces préliminaires, les filles étaient prêtes à être mises en vente le 26 mai à Fujaïrah.

Aussitôt après cette nouvelle choquante, Mohammad Khatami (alors Président de la République) a démenti les faits. « C’est un grand mensonge », a-t-il prétendu avant de renchérir : « En tant que Président de la République j’ai suivi ce sujet avec une grande préoccupation et je puis vous certifier qu’il s’agit d’un grand mensonge qui s’inscrit dans le cadre d'une guerre psychologique contre l'honneur et la supériorité du peuple iranien ».

Le scandale refait surface quelques jours plus tard avec les révélations choquantes d’un pilote iranien des lignes des EAU. « Dix à quinze filles sont en moyenne envoyées chaque jour aux Émirats arabes unis » indique Mostafa bin Yahya qui précise que 9 vols officiels et 20 vols non officiels de la compagnie pour laquelle il travaille effectuent l’opération.

Le pilote révèle encore que la majorité de ces filles sont originaires des villes d'Abadan, Ahwaz, Zahedan, Tabriz et Kermanchah. « Le plus grand nombre d’entre elles sont des villes de Téhéran et de Meched », ajoute Bin Yahya.

« Chaque mois, 3 à 5 cadavres de ces filles sont ramenés en Iran », poursuivit encore le pilote qui ajoute un détail déconcertant : « le flux des vols concernant la traite des blanches en provenance de l’Iran est si important qu’un terminal y est consacré à l’aéroport ».

Il va sans dire qu’il est impossible d’effectuer autant de transferts aériens en matière de traite des blanches, sans l’aval du pouvoir en place. C’est ce qui explique d’ailleurs les réactions hystériques des dirigeants du pouvoir, dont le procureur Sa’id Mortazavi, qui ont démenti ces informations, alors que bin Yahya, lui, était écroué.

En même temps, la police annonce l'arrestation de 25 membres d’une mafia de traite des blanches vers les Émirats arabes unis !

En mars 2003, nouveau scandale : Dans la ville de Karaj (40km à l’ouest de Téhéran) l’Institut « Maison Verte » qui a d’ailleurs de très bonnes relations avec la police et le pouvoir judiciaire, est sensé recueillir des filles sdf et abandonnées pour leur inculquer une formation professionnelle.  Il s’avère cependant que ces filles sont transférées à l’étranger où elles sont vendues ! Le prix ? « Entre 300 à 800$ » écrit alors le journal Hamchahri.

Nouvelles révélations en septembre 2004 : Dans le cadre des échauffourées entre divers groupes du sérail, un certain Kachani qui est l’un des chefs du groupe Ansar’é Hezbollah et rédacteur en chef du journal "Ya-laçarat" dénonce des « clans corrompus dans la République islamique ». Kachani qui est aussi un membre du clergé prétend avoir des preuves et documents irréfutables prouvant les liens de ces clans avec les réseaux de traite des blanches qui vendent des filles iraniennes à des cheikhs à Dubaï. Le prix ? « Entre 12 à 15 millions de tomans (8000 à 10.000 $) » indique toujours Kachani.

Des filles sdf sont récupérées par des passeurs internationaux, qui les transfèrent vers des territoires à l’est de l’île iranienne de Kich, avec la complicité de certains fonctionnaires d’État, avant de les vendre aux cheikhs.

« Ces mafias sont armés et sont soutenus par des gens aux gouvernement à qui ils paient des pots-de-vin important pour chacune de ces activités », ajoute le rédacteur en chef.

Le 20 août 2004, Sussan Bahari, experte en assistance sociale, annonce que « 54 enfants iraniens ont été vendus, il y a peu, sur un marché qui avait tout d’un marché d’esclaves, à Dubaï » (Radio Farda).

Le 25 décembre 2005, un journal iranien cite un responsable judiciaire: « Celui qui arrive à vendre une fille au prix de 15 millions de tomans, touchera un bénéfice de 300 mille Tomans ». Cette somme est d’ailleurs le montant de la caution requis dans le cas où il tombe en prison, indique la même source qui reconnaît que « la manière de traiter certains dossiers judiciaires a de quoi se cogner la tête contre le mur » (Radio Farda).

Enfin, en 2006, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (le CGRI) a institutionnalisé la traite des blanches, ce qui a projeté l’Iran parmi les pires pays qui effectuent ce trafic. C’est ce qui a été retenu dans le sixième rapport annuel du Département d'État américain sur la traite des blanches, en mai 2006.

« Des témoignages dignes de foi révèlent que les fonctionnaires iraniens torturent, emprisonnent et exécutent des victimes de la traite des blanches », précise le rapport américain.

Cette traite des blanches prend tellement de l’ampleur que même le Président du Majlis (Parlement) d’alors, Hadad Adel, reconnaît les faits.

Le 4 octobre 2005, Hadad Adel avoue que les filles sont vendues dans les pays voisins et qu’elles sont sexuellement abusées dans des ambassades étrangères.

Lors d’une interview avec la Télévision d’État, le chef du Majlis est questionné sur ces faits. Le présentateur lui demande même s’il fallait nier ou reconnaître cette traite des blanches ?

« Nier la vérité n’a évidemment jamais été une solution aux fléaux. Mais il faut faire la nuance entre nier la vérité et la révéler à ceux qui n’ont pas besoin de la connaître », répond Hadad Adel.

Le 5 février 2008, le journal Jomhouri Eslami publie un nouveau reportage sur la traite des blanches dans les filiales proches du pouvoir. « Les femmes iraniennes dans les cabarets de Chine » et a écrit: « Après le Cheikh de Dubaï, c’est maintenant la Chine qui attire davantage les investisseurs après avoir connu une bonne croissance économique au cours des dernières années. Ce pays est devenu une oasis pour ces gangs » écrit le Jomhouri Eslami sous le titre : « Les Iraniennes dans les cabarets chinois ».

Les querelles internes du pouvoir contribuent souvent à faire les lumières sur l’implication des hauts fonctionnaires dans cette traite des blanches. C’est lors de l’une de ces altercations qu’on a su que le Brigadier-Général Reza Zaré’i, le chef de la Police de Téhéran, était à la tête d’un grand réseau de proxénétisme. Le commandant en chef de la Police iranienne, le Brigadier-Général Esmail Ahmadi-Moghaddam, a bien tenté de blanchir l’affaire en prétextant l’insuffisance des preuves et documents, cela n’a pas empêché la presse du clan adverse de révéler qu’il y avait 80 plaignants dans ce dossier avec plein d’enregistrements audio et vidéos. (Radio Farda, 20 août 2004)

Le 8 juin 2008, l’Agence de presse arabe Al-Malaf a relayé le rapport du Département d'État américain faisant référence à l'Iran comme l'un des principaux pays impliqués dans la traite des blanches. « L'Islam de Khomeiny et ses successeurs, c'est-à-dire que l'Islam du régime iranien, a encore une fois vitalisé l'ère de la "période préislamique” » dans le domaine de la traite des blanches, écrit le rapport, avant d’ajouter que les plus hauts fonctionnaires du pouvoir iranien sont directement impliqués dans cette commerce dont le fils de Rafsanjani est l'un des ses leaders.

« Ce que d'autres rapports n'ont pas signalé en ce qui concerne la question de la traite des êtres humains est l'affaire de la contrebande des membres du corps humain dans lequel excelle l'Iran », précise, l’auteur de l’article d’Al-Malaf, Abdul-Karim Abdullah avant de manifester son écœurement et demander aux « clercs enturbannés d’Iran », « pour quel genre d’Islam prêchent-ils donc ? ».

Trois jours plus tard, Abbass Palizdar, un officiel du gouvernement vient confirmer ces nouvelles, incriminant Mehdi Hachemi Rafsandjani (le fils de l’ancien Président de la République) qui est à la tête de l'optimisation du pétrole du pays et qu’il dénonce de « trier les plus belles filles de Téhéran pour les exploiter à son gré ».

« Une femme qui a réussi de s’extraire de ces bordelles a porté plainte avec une vidéo à l’appui prouvant le caractère dramatique des lieux », précise Palizdar qui dit qu’on a « peur d’en parler » !

Le 13 décembre 2010, Al Arabiya a publié un document de WikiLeaks qui révèle comment le régime iranien tente d’influencer utilise des femmes pour des mariages temporaires pour influencer et les cheikhs des tribus irakiens avec des mariages temporaires pour s’immiscer dans les affaires de ce pays. « À chaque visite en Iran, le régime iranien nous propose des mariages temporaires afin de renforcer son intrusion en Irak », dit un Cheikh irakien cité par ce rapport qui prétend reproduire un dialogue de ce dernier avec un fonctionnaire de l'ambassade des États-Unis à Bagdad.

« Après ma première visite en Iran, j'ai me suis rendu compte que tous les Cheikhs qui font le déplacement en Iran ont bénéficié de ces mariages temporaires », ajoute l’Irakien.

http://www.gunaz.tv/?id=2&vmode=1&sID=41203&lang=2

Le 3 octobre 2013, l’Agence iranienne de presse Mehr, cite le chef du Département de l’émigration et des passeports de la Police qui parle de « la traite des blanches vers les pays arabes ». L’officiel qui reconnaît qu’on « ne peut pas nier les faits » tente tout-de-même de les minimiser en ajoutant que « les chiffres ne sont pas significatifs » !

 

 

L'ampleur de la tragédie

 

La traite des blanches a un lien direct avec la poussée de la précarité et l’approfondissement du fossé entre les classes sociales. Cet appauvrissement est dû aux dépenses vertigineuses de la théocratie pour ses visées extraterritoriales et ses ambitions dans la course à la Bombe A, au lieu de tenter de résoudre les fléaux de la société. « 80 à 90% des Iraniens vivent en dessous du seuil de la pauvreté » indique le journal Etela'at (11 janvier 2013).

Selon le chef de la Commission de santé et d'environnement du Conseil municipal de Téhéran, Rahmatollah Hafezi, il y a actuellement 300 femmes sdf dans les rues de Téhéran (Site officiel Asr-e Iran, 21 novembre 2014).

« Il y a actuellement en Iran plus de 2 millions de mères veuves. Ce chiffre augmente de 60.000 chaque année) écrit le journal Tehran (18 juillet 2011).

Le 17 juillet 2014, le journal Hamshahri signale une augmentation de 93% de mère veuves de 1996 à 2011 et précise que 82% d’entre elles sont au chômage.

Par ailleurs les lois misogynes qui frappent les femmes en Iran, multiplient les restrictions en matière de l’emploi. C’est dans ces circonstances que chaque année des milliers de femmes sont vendues dans les réseaux de proxénitisme. Les chiffrent parlent de 84.000 prostitués et de 250 bordels, rien qu’a Téhéran.

Le chef du bureau iranien d'Interpol précise que la traite des blanches est l’une des commerces des plus rentables en Iran qui est en partie sous la coupole du pouvoir en place. Les fonctionnaires du gouvernement participent eux-mêmes à l'achat, la vente et l'abus sexuel des femmes et des jeunes filles.

« Après le tremblement de terre de 2003 à Bam, les trafiquants ont enlevé des orphelines et les ont amenés à Téhéran pour les vendre à des marchands iraniens et étrangers », indique la même source d’Interpol.

Dans un autre rapport publié par l'Association de défense des victimes de violence en 2003, on lit: « Chaque mois, 45 filles jeunes Iraniennes de 16 à 26 ans sont achetées rien que par les riches de Karachi ».

En mai 2009, le site Hamihan révèle que les filles iraniennes sont vendues pour deux millions de tomans par nuit en Inde et dans les pays arabes. « Habituellement, les filles iraniennes introduites en contrebande à Dubaï et aux Émirats arabes unis ont entre 10 et 17 ans », écrit ce site.

« Ma vie a été entièrement bouleversée à et je vie actuellement en pleine misère. Beaucoup de mes amies qui avaient été également vendues, ne sont plus en vie », précise l’une des victimes.

 

Méthodes d’enrôlement des filles dans les réseaux de la traite des blanches

 

« Les trafiquants décèlent les filles dans les familles les plus touchées par la précarité, à qui ils se présentent comme des riches originaires du Zahedan (chef-lieu du Département du Sistan et Baloutchistan). Ils épousent ainsi les filles qu’ils envoient ensuite dans les bordels des villes de Quetta et de Karachi, au Pakistan », révèle un sociologue qui ajoute que les deux Départements iraniens de Khorassan et du Sistan et Baloutchistan, ainsi que l’Afghanistan et le Pakistan sont très vulnérables en matière de la traite des blanches.

« Le phénomène fait rage à Meched et dans la périphérie de ce chef-lieu du Département de Khorassan », ajoute la même source.

L’enrôlement des victimes s’effectue en général de l’une des deux manières suivantes : soit par un engagement formel après un paiement à la famille, soit par des méthodes d’arnaque ou d’enlèvement.

Les mafias vont chercher leur cible dans des villages lointains frappés par la précarité et ils font croire à la famille que si leur fille s’engage dans cette « profession », elle sera en mesure non seulement de gagner sa propre vie mais aussi de relever le niveau de vie de la famille. C’est cet argument qui résilie les parents de laisser partir leur fille moyennant une somme dérisoire.

Au début, les victimes ignorent en général qu’elles viennent d’être enrôlées dans un réseau de proxénétisme international. Elles pensent d’abord avoir épousé leur interlocuteur, avant d’être transférées dans les régions frontalières et ensuite vers l’étranger. Le transfert s’effectue soit par la force, soit par l’intimidation. Tout au long du trajet et du reste du procédé, les victimes sont surveillées de près, comme des prisonnières. Une victime de 22 ans qui a été forcée d'épouser un passeur afghan est maintenant mère de quatre enfants. En l’absence de son mari, ses beaux-frères la violaient et l'un de ses enfants est le résultat de ces viols, indique-t-elle, avant de préciser que ces hommes ont menacé de la tuer si elle révélait la vérité.

Les jeunes enfants font également partie des victimes. Ils sont enfermés dans des lieux secrets avant d’atteindre l’âge adulte et d’être vendus dans le Moyen-Orient et en Inde.

Aux Émirats arabes unis et au Pakistan, les filles sont vendues à l'occasion d'Aïd el-Fitr et d'Aïd el-Adha (fêtes religieuses) lors d'une cérémonie intitulée « Halfa ». Si une fille n'est pas achetée, elle est forcée de se prostituer dans les boîtes de nuit.

Dans son rapport annuel de 2010, le Women's Freedom Forum déclare être en possession de vidéos dans lesquelles on peut voir « des femmes dissimulées derrière le tableau de bord des voitures pour les introduire illégalement à Dubaï ».

« D’autres femmes sont cachées pendant des semaines dans des bateaux ou passent la frontière avec des faux papiers obtenus auprès des officiels locaux en lien avec les mafias de la traite des blanches », précise le même rapport.

 

Rapports internationaux

 

« L’Iran est un pays de source, de transit et de destination pour les femmes et les filles victimes de la traite des blanches » déclare le Rapport annuel du Département d’État des États-Unis (2010).

« Des Iraniennes victimes de la traite des blanches se trouvent actuellement au Pakistan, en Turquie et en France. Les groupes vulnérables tels que les femmes en fuite, les enfants sdf et les toxicomanes alimentent ce trafic d’hommes. Le Gouvernement iranien ne se conforme pas entièrement aux normes minimales de la lutte contre la traite des blanches. L'Iran doit prendre des mesures pour que les victimes de cette traite des blanches ne soient pas punies et soient logées dans des abris appropriés », ajoute le même rapport.

 

Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) a également publié un rapport sur les droits de l’enfant dans les premiers mois de la présidence de Mahmoud Ahmadinejad dans lequel il mentionne cette trafic: « La prostitution et le trafic des filles et des femmes sont à l’heure actuelle, le deuxième revenu national après le pétrole. Cinquante-quatre filles iraniennes de 16 à 25 ans sont vendues chaque jour à Karachi (Pakistan). On parle de la main basse de certains dirigeants du pays sur ce trafic humain ».

 

Dans son rapport annuel 2010, le Women's Freedom Forum écrit: « Au cours des huit dernières années, le trafic des êtres humains a connu développement spectaculaire en Iran. Selon certaines estimations, les chiffres de la prostitution ont augmenté de 600%. L'âge moyen de la prostitution est tombé à 16 ans et les filles de 10 ans sont vendues. Dans de nombreux cas qui ont été signalés, des responsables gouvernementaux sont impliqués dans les réseaux de proxénétisme et de traite des blanches ».

 

 

Obligations internationales

 

Il va sans dire que la théocratie iranienne dont la misogynie constitue l’un des piliers de son idéologie, n’est pas signataire du « Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants ». Cependant, au XXIe siècle, tous les pays doivent se conformer à des règles internationales minimales pour être acceptés dans la communauté internationale, dont l'article 4 de la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes (Résolution 48/104 de l'Assemblée générale du 20 décembre 1993).

Selon cet article :

Les États devraient condamner la violence à l'égard des femmes et ne pas invoquer de considérations de coutume, de tradition ou de religion pour se soustraire à l'obligation de l'éliminer. Les États devraient mettre en œuvre sans retard, par tous les moyens appropriés, une politique visant à éliminer la violence à l'égard des femmes et, à cet effet :

  1. a) Envisager, lorsqu'ils ne l'ont pas encore fait, de ratifier la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, d'y adhérer ou de retirer les réserves qu'il y ont faites;
  2. b) S'abstenir de tout acte de violence à l'égard des femmes;
  3. c) Agir avec la diligence voulue pour prévenir les actes de violence à l'égard des femmes, enquêter sur ces actes et les punir conformément à la législation nationale, qu'ils soient perpétrés par l'Etat ou par des personnes privées;
  4. d) Prévoir dans la législation nationale pénale, civile, du travail ou administrative les sanctions voulues pour punir et réparer les torts causés aux femmes soumises à la violence; les femmes victimes d'actes de violence devraient avoir accès à l'appareil judiciaire et la législation nationale devrait prévoir des réparations justes et efficaces du dommage subi; les Etats devraient en outre informer les femmes de leur droit à obtenir réparation par le biais de ces mécanismes;

 

La solution

 

La solution radicale pour mettre fin à cette traite des blanches en Iran est le renversement du pouvoir corrompu et misogyne en place dans ce pays.

Le clergé au pouvoir en Iran a défiguré l’Islam et sous la coupole de cet Islam défiguré, il a marginalisé les femmes et les a privées de leurs droits les plus élémentaires. L’égalité et la démocratie ne pourront donc être instaurées en Iran qu’après s’être débarrassé de la dictature religieuse en place.

La Résistance iranienne, dirigée par Mme Maryam Rajavi, est le mouvement d’opposition le plus organisé à la théocratie en place. Une résistance menée par les femmes est la seule issue pour mettre la fin aux lois misogynes de ce régime. Mme Rajavi a fourni un plan en dix points spécialement galvanisé sur les droits des femmes pour l’Iran de demain. L'article 8 souligne de ce plan se focalise sur l'interdiction de l'exploitation sexuelle:

 

  • Le commerce du sexe est interdit.
  • La traite des blanches et l’incrimination des femmes dans la prostitution constitue un crime et les responsables doivent être poursuivis devant la loi.
  • La pédophilie doit être poursuivie par la loi.
  • Toute forme d'exploitation sexuelle sous n’importe quel prétexte est interdite. Tous les décrets, lois et règlements qui permettent aux parents, aux tuteurs qui abuse des filles ou des femmes pour une exploitation sexuelle sous prétexte du mariage seront abolis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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