Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

Bonjour, je m'appelle Leïla Delfi.

 Ma soeur Maryam et moi sommes membres de la Résistance iranienne.Nous venons de la belle ville d'Ahwaz dans le sud-ouest de l'Iran, dont les habitants sont célèbres pour leur hospitalité, leur joie de vivre et leur prospérité.Malheureusement, dans ma famille et d'autres familles comme nous, ce sentiment de joie était rare avec ce que nous a fait subir le régime iranien, avec la prison, la torture et l’exécution de nos proches. Il a fait taire toutes les voix qui cherchaient à être libres et ne voulaient pas plier devant sa tyrannie.

 

Ma sœur aînée, Sakineh, était une de celles qui refusaient de se taire et de fermer les yeux sur l'oppression.Non seulement elle était l’aînée, mais elle était aussi aimante comme une mère et travaillait comme enseignante. Son cœur était rempli d'amour malgré de grandes douleurs qu'elles nous cachaient. Elle se préoccupait des enfants pauvres du Khouzistan, notre province riche en pétrole, qui dormaient dans les rues et qui souffraient du froid de l'hiver et de la fournaise de l'été.

 

Elle sentait la douleur des mères endeuillées, des pères âgés et des travailleurs défavorisés qui vivaient dans la misère alors que notre ville était entourée d’oléoducs et de raffineries de pétrole et de gaz. Néanmoins, elle affichait toujours un visage souriant. Elle espérait très fort en un avenir de liberté. Elle était pour moi un exemple unique de patience, de tolérance et de fermeté.Sakineh a été arrêtée et emprisonnée à plusieurs reprises, mais rien ne pouvait ébranler sa volonté de poursuivre sa voie.La dernière fois qu’elle a été arrêtée c’était en 1987 alors qu'elle quittait l’Iran pour rejoindre la Résistance. Elle a été pendue à l’âge de 24 ans durant l'été 1988, lors du massacre des 30 000 prisonniers politiques.À cette époque, j'avais 16 ans et sa mort a pesé très lourd sur mon âme. J'étais alors ce qu’on appelle un «courrier de la liberté » qui apportait des messages aux militants et aux familles de prisonniers politiques. J'apportais les communiqués et les nouvelles de la Résistance de maison en maison. C’était ma mission et je la faisais avec tout mon amour pour la liberté.La nouvelle de l'exécution de Sakineh avait été très douloureuse et m’avait fait pleurer toutes les larmes de mon corps. Mais je pouvais encore entendre sa voix qui m'encourageait à poursuivre son chemin et à faire preuve de plus de détermination.

 

Peu de temps après la pendaison de Sakineh, j'ai tout tenté pour quitter moi aussi l’Iran et rejoindre la Résistance. À l'époque, il était franchement bizarre qu’une jeune fille quitte seule le pays, mais j'avais fait mon choix, et je suis partie.Maintenant, quand je reviens sur le passé, je comprends que j'ai trouvé la confiance nécessaire pour surmonter les obstacles sur ce chemin, dès le moment où j'ai fait mon choix. C'est ce qui m'a remplie d'énergie et m’a donné la force de résoudre les problèmes.Cette fois, j'étais un courrier qui portait non seulement le message de la liberté, mais aussi le message de la fermeté, du courage et de la détermination de ma soeur Sakineh, la volonté de continuer jusqu’au bout. Je suis devenue une véritable messagère de la liberté.C'est mon expérience et mon message.

 

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