Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

Lieu de naissance: Téhéran

Etudes : Baccalauréat

Age: 47 ans

Lieu de martyre: Téhéran

Année : 1988

 

Achraf Ahmadi est née en 1941 à Téhéran où elle a suivi ses études et obtenu son bac. Elle avait quatre enfants. Sa fille Maryam est née en prison sous le régime du chah. Elle a également été emprisonnée sous le régime de Khomeiny, alors qu’elle venait de donner naissance à un fils.

Achraf a commencé ses activités politiques contre la dictature du chah en 1971. Elle rendait visite à son frère emprisonné, membre de l'OMPI, et échangeait des nouvelles. Elle a également participé à des sit-in et des manifestations organisées par les familles de prisonniers politiques.

Achraf a choisi la voie de la liberté bien qu’elle eût une famille et des enfants. Fatemeh Amini, la première femme de l’OMPI à mourir sous la torture dans les prisons du chah, a eu une grande influence sur elle.

Achraf a été arrêtée en 1975 et condamnée à quinze ans de prison. Depuis cette date elle n’a cessé de soutenir l’OMPI. Elle a été soumise à des tortures sévères malgré ses problèmes cardiaques, mais elle a tenu bon pour devenir un symbole de la résistance auprès de ses codétenues.

Après la révolution et sa libération en 1979, elle a intensifié ses activités avec l'OMPI. Les mollahs l’ont arrêtée en 1981 avec son fils qui venait de naitre. Achraf a passé sept ans en prison et a été exécutée à l'âge de 47 ans le 31 juillet 1988 lors du massacre de 30.000 prisonniers politiques.

Les codétenues d'Achraf ont raconté de nombreux souvenirs d'elle.

« Elle souriait souvent et répandait l'espoir et la bonté à toutes celles qui l'entouraient. D'autres prisonnières voyaient en elle un roc fiable dans toutes les situations. Achraf a essayé de garder la flamme de la résistance allumée malgré toutes les difficultés. »

« Achraf a été notre source d'espoir et notre guide expérimentée en prison. En plus de ses problèmes cardiaques, elle avait contracté une maladie des reins en prison, mais elle continuait à défier les tortionnaires. Achraf allait voir les prisonnières choisies pour l'exécution. Personne ne sait ce qu'elle leur disait, mais elles étaient toutes plus calmes et plus heureuses après avoir parlé avec Achraf ».

« Un jour Lajevardi (le chef des bourreaux de la prison d’Evine de Téhéran) a dit Achraf qu'elle devait lui donner son bébé. Cette nuit-là, les gardiens de la révolution ont attaqué la section pour enlever le fils d'Achraf. Ils ont tiré le bébé de ses d’Achraf et le petit hurlait en appelant sa mère. C’était bouleversant de voir Achraf qui essayait de garder son fils. Les gardiens ont finalement emmené le bébé. »

« Quand j'étais à la prison de Qezel-Hessar, j'ai entendu parler d'une mère de quatre enfants à la prison d'Evine, cardiaque, et ancienne prisonnière politique du chah. Son seul crime était d’avoir utilisé le terme interdit de "moudjahidine du peuple", en se référant à l'OMPI, l’opposition démocratique au régime (alors que le régime utilisait et utilise toujours le terme d’ +hypocrite+). Une fois, lors d’un interrogatoire, en réponse à la question de Lajevardi, elle a dit qu’elle s’appelait Achraf Ahmadi et qu’elle était sympathisante des Moudjahidine du peuple (OMPI). Lajevardi l’a coupée : « tu les appelles encore « moudjahidine» ? Achraf a répondu: « C’était leur nom jusqu'à mon arrestation. Si leur nom a ensuite changé, je ne le connais pas! »

En 1987, quand Achraf purgeait ses derniers jours de prison, son mari est mort dans un accident de voiture et ses quatre enfants ont été livrés à eux-mêmes, sans personne pour s’en occuper. Cette situation lui a été très difficile à supporter, mais cela ne l’a pas empêchée de poursuivre ses objectifs humanitaires.

Enfin, le 31 juillet 1988, Achraf Ahmadi a été pendue à l'âge de 47 ans pendant le massacre de 30.000 prisonniers politiques, pour avoir défendu la cause de la liberté en Iran.

Les gardiens de la révolution ont emmené ses affaires chez sa mère, et ne lui  ont révélé que trois mois plus tard l'exécution de sa fille. Son lieu de sépulture n'a jamais été divulgué à la famille. L'un des frères d'Achraf a également été exécuté dans les années 1980.

 

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