Commission des Femmes

Nous pensons que les femmes sont la force du changement. Nous croyons dans l’égalité complète entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, social et économique. Nous sommes la voix des femmes de l’Iran.
Nous menons de très nombreuses activités avec les femmes à travers le monde et maintenons un contact permanent avec les femmes à l’intérieur de l’Iran. Nous sommes engagées dans le combat contre les violations des droits des femmes en Iran.

Curieuse de nature et amoureuse de la vie

 

Année de naissance : 1959

Lieu de naissance : Abadan, Iran

Etudes : 3e année de management à l’université Melli de Téhéran

Activisme politique : 35 ans

 

Mitra Bagherzadeh est née à Abadan dans le sud de l'Iran et a suivi ses études primaires et secondaires sur l'île de Kharg, dans le Golfe persique. Elle aimait étudier et a obtenu son bac avec la mention très bien. Mitra est ensuite entrée à l'université Melli de Téhéran, pour y suivre un cursus de management.

Sa deuxième année à l'université a coïncidé avec la révolution de 1979 en Iran lorsque les manifestations populaires et étudiantes envahissaient les rues. Mitra participait avec enthousiasme aux manifestations. Elle s’est approchée de l'organisation des Moudjahidine du peuple (OMPI - l'opposition démocratique au chah puis aux mollahs) dont elle a lu les ouvrages et s'est familiarisée avec les martyrs emblématiques de ce mouvement comme Fatameh Amini ou Mehdi Rezai, la première morte sous la torture et le second fusillé à 19 ans sous le chah.

Cette découverte a transformé sa vie. Malgré sa passion des études, elle fait le choix de se consacrer à une cause plus vaste et une voie plein de défis. Le premier des défis a été de convaincre son père, qui l'adorait et qui ne voulait pas qu'il lui arrive le moindre mal, de son choix.

Elle a rejoint l'OMPI à Téhéran et commencé à coopérer avec son association étudiante à l'université Melli. Mitra était humble et courageuse. Elle respectait tout le monde, mais faisait preuve de bravoure face aux voyous de la milice intégriste qui agressaient les partisans de l'OMPI dans les rues sous n'importe quel prétexte.

Quand Khomeiny a ordonné la fermeture des universités, Mitra a assumé la responsabilité d’une branche de fonctionnaires partisans de l'OMPI.

Arrive alors la manifestation pacifique d'un demi-million de personnes à Téhéran le 20 juin 1981, contre laquelle Khomeiny donne l'ordre d'ouvrir le feu, déclenchant une ère noire de vague d'arrestations et d'exécutions sommaires qui marque le début de la dictature religieuse et le déclenchement de la résistance. Mitra utilise alors tous ses contacts et ses ressources pour protéger des membres de l'OMPI entrés en clandestinité et répondre à leurs besoins.

Durant l'été 1982, alors que se poursuivent les vagues d'arrestation et d'exécutions de membres et sympathisants de l'OMPI, Mitra et plusieurs de ses camarades rejoignent la résistance dans le Kurdistan d'Iran. De là, elle part en Occident pour mener ses activités en faveur de la liberté en Iran.

Lorsque l'Armée de libération nationale iranienne (ALNI) est créée en 1987, Mitra fait partie des premières femmes à diriger une unité féminine. À cette étape de sa vie, elle mène à bien ses responsabilités avec enthousiasme, courage et foi. Elle était dur à la tâche, ferme et d'une grande gentillesse. Elle a toujours montré son amour et son respect pour ses collègues et toutes les personnes autour d'elle.

Mitra était un pilier fiable de l'organisation, son engagement dans toute situation engendrait la confiance et la sérénité.

Pendant le transfert de l'OMPI du camp d'Achraf au camp Liberty, Mitra était responsable de l'équipe juridique. Ceux qui ont travaillé avec elle se souviennent de sa force de travail avec peu ou pas de repos pendant de nombreuses nuits.

Mitra faisait partie des 100 membres de l'OMPI restés au camp d'Achraf pour régler les problèmes juridiques du camp.

Le 1er septembre 2013, Mitra et 51 de ses camarades de l'OMPI ont été massacrés, exécutés d'une balle à bout portant, lors d'une attaque meurtrière des forces spéciales du Premier ministre irakien Nouri Maliki, à la demande du régime iranien pour anéantir son opposition.

Néanmoins, leur combat courageux a forgé un exemple et un modèle pour les Iraniennes et les Iraniens afin de poursuivre leur voie.

 

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